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Hommage à Thomas Sankara assassiné par Compaoré (Françafrique) le 15 octobre 1987

VERSION AUDIO DE L’ARTICLE:

Un article très intéressant paru sur le site de «Rebellyon» dont je reproduis ici une partie que j’ai un peu remanié (mes excuses à l’auteur).

Thomas Sankara

Thomas-Sankara

Tom Sank » comme certains l’appelaient voulait être un président différent, et incarnait un certain enthousiasme.
Il a commencé par prendre quelques mesures spectaculaires comme vendre les voitures de luxe des membres du gouvernement, et se déplaçait lui-même en Renault R5.

Au premier anniversaire de la « Révolution », le 4 Août 1984, il change le nom de son pays de Haute-Volta, hérité de la colonisation, en « Burkina Faso », ce qui signifie « Le Pays des Hommes Intègres ».

Commencent ici ses œuvres pour redonner au Burkina Faso une dignité, une autonomie et une indépendance économique (le fameux « consommons Burkinabé ») de par ses actes et ses discours. Très tôt contre l’injustice, il se montre contre la domination historique des grandes puissances sur son pays et pour la participation du peuple au pouvoir ; le mot d’ordre est que le pays doit vivre de ses propres forces et au niveau de ses propres moyens.

Il décrète la gratuité des loyers durant toute l’année 1985, et entame un programme important de construction de logements.

Dans un pays où l’espérance de vie atteignait à peine 40 ans, et qui avait le record mondial de décès chez les enfants de moins de cinq ans, il a développé une vaste campagne de vaccination des enfants qui fera chuter le taux de mortalité infantile, et de construction d’hôpitaux. Il a fait construire énormément d’écoles. Il a mis en place une grande réforme agraire de redistribution des terres aux paysans, avec une élévation des prix et la suppression des impôts agricoles.

Il a montré une conception moderne de la condition féminine, en condamnant la polygamie, en interdisant l’excision, et en permettant aux femmes une meilleure participation à la vie politique. Il a nommé plusieurs femmes dans son gouvernement.

Il a engagé une lutte contre la corruption, qui s’est traduite par des procès retransmis à la radio, mais sans condamnation à mort.
Il a également entrepris une campagne de reboisement du Sahel par des plantations de

millions d’arbres pour stopper l’avancée du désert.

Il n’a pas hésité à reprendre à son compte certaines thèses panafricanistes de Patrice Lumumba ou Nkwame Nkrumah. Il prend position pour le Front Polisario.
Il soutient le Nicaragua sandiniste. Il critique le FMI et les institutions monétaires internationales.

Sa vision ne le limitera pas au seul Burkina-Faso puisqu’il sera très actif à dénoncer la néo-colonisation, sera un vif pourfendeur de l’apartheid, et fera sensation en s’opposant au paiement de la dette par les Africains. Lors d’un sommet de l’OUA à Addis-Abeba, il s’écriera « Je dis que les Africains ne doivent pas payer la dette. Celui qui n’est pas d’accord peut sortir tout de suite, prendre son avion et aller à la Banque mondiale pour payer ».

 

L’attitude de Sankara, et la grande popularité dont il jouira au sein de la jeunesse africaine finiront par lui attirer la méfiance de ses voisins, et de certains pays occidentaux, dont surtout la France, qui, cohabitation aidant, resserre les liens de la Françafrique et décide d’en finir avec ce trublion, en jouant la carte Compaoré.

Le 15 Octobre 1987

Photo de la manifestation suite à l'assassinat de Thomas Sankara

Photo de la manifestation suite à l’assassinat de Thomas Sankara

Thomas Sankara est en réunion avec des conseillers quand des bruits d’armes automatiques résonnent. Il aurait dit à ses conseillers « Restez, c’est à moi qu’ils en veulent ».
Il sort du palais, en short, les mains en l’air, mais visiblement les mutins n’avaient pas pour consigne de l’arrêter, mais de le tuer, et quelques rafales mettent fin à sa vie, ainsi qu’à celle de douze de ses conseillers.

Comme pour tuer le symbole une seconde fois, il sera enterré à la va-vite, et de façon quasi-anonyme.

L’onde de choc provoquée par son assassinat parmi la jeunesse africaine, et notamment burkinabé, a poussé le régime à lui donner une sépulture plus convenable par la suite. Toute la population burkinabé défile en effet dans les rues pour pleurer l’enfant chéri qui n’avait que 37 ans, et les jours suivants, des milliers de personnes se rendent sur sa tombe en condamnant ainsi ce crime.

Son bras droit Blaise Compaoré prend le pouvoir aussitôt après sa mort, et prétendra avoir agi ainsi parce que Sankara projettait de l’assassiner, mais ses propos n’ont pas convaincu grand monde.

Et 27 ans après… L’assassin est toujours au pouvoir !

L'assassin de Thomas Sankara - Compaoré avec la complicité de la France

L’assassin de Thomas Sankara – «Compaoré» avec la complicité de la France (ca va presque de soi)

Son règne est jalonné de dizaines de crimes : assassinats (dont celui de Norbert Zongo ), disparitions d’opposants, détournements massifs, complicité de trafic d’armes, etc.

Il conserve néanmoins toute la considération du FMI, et le soutien prépondérant de la France.


Président d’un pays classé 174ème sur 176 selon l’indice de développement humain du PNUD, il compte parmi les chefs d’État les plus riches du monde, grâce à une fortune amassée dans les paradis fiscaux, en grande partie issue des trafics d’armes avec les seigneurs de guerre au Liberia, au Sierra Leone et en Angola .


Il a tenté de fermer l’Université de Ouagadougou en octobre 2000, et d’invalider l’année 1999/2000, suite cause à des revendications d’étudiants.

source: http://survie.69.free.fr/agenda/Compaore.htm

Une énorme popularité malgré des erreurs

Sankara a certes fait des erreurs. Mais on a aussi mal compris les bouleversements qu’il entreprenait. Il voulait imposer aux fonctionnaires de participer à des chantiers, et ça ne plaisait pas à tout le monde. Il s’est heurté aux partis politiques et aux syndicats qui préféraient garder leurs habitudes, leurs prérogatives. Dans l’enthousiasme de la « révolution », il remplace par exemple 2.600 instituteurs par des « révolutionnaires » peu qualifiés. Mais peut-on parler véritablement de révolution populaire ? Alors qu’en fait cela a commencé par un putsch de militaires…
Et pour faire contre-poids à l’armée, il encouragera la création de sortes de milices qui finiront par créer de l’insécurité.
Il contrôlera la presse, et certains de ses opposants qu’il fait enfermer. Quels paradoxes ! Il a une formation de militaire, et malgré sa grande ouverture, un esprit militaire demeure en lui. Un conflit frontalier conduira à des affrontements avec le Mali, durant lesquels près de 100 personnes perdront la vie.

Lors du 4ème anniversaire de la révolution, Sankara reconnaîtra quelques erreurs, et décidera d’infléchir certains aspects de la révolution. On lui prête notamment la phrase : « Je préfère faire un pas avec le peuple, que cent sans le peuple ».

Site à sa mémoire:  http://www.thomassankara.net/

LIRE L’ARTICLE ORIGINAL SUR REBELLYON (qui est bien plus étoffé)

En tout cas, je tiens à CRIER ma solidarité complète avec le peuple du Burkina-Faso, comme avec tous les peuples d’ailleurs.

À Besançon, comme à Ouagadougou et comme partout… SOLIDARITÉ !!!

 

Gauche/Droite: La carotte et le bâton pour l’abstention

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Gauche, droite, gauche, droite;
À chacun sa carotte, le bâton pour tous;

La carotte change selon ou l’on se place,

À gauche, la carotte c’est la peste;

Si tu ne vote pas,
Gare aux chacals malheureu-x-ses !
Alors sois sage, vote…

À droite, la carotte c’est «le jeune» de banlieue;

Si tu ne vote pas,
Gare aux avortons malheureu-x-ses !
Alors sois sage, vote…

La carotte change selon ou l’on se place…
Mais le bâton, finalement…

reste le même pour tous !

 

Poésie: Voilà le gouvernement – Non résistance à la nuit

Je classe ces deux textes en «poésie», car je trouve qu’ils y ont leurs places…

Précis de décomposition – non-résistance-à-la-nuit :

Voilà ce qu’est le gouvernement :

Le libertaire bisontin devient accessible aux malvoyant-e-s

accessibilité-articles-libertaire-bisontin

Actuellement, je ne connais aucun blog d’information (y compris anarchiste) qui ouvre son contenu aux personnes malvoyantes, aux personnes ne sachant pas lire et/ou comprenant difficilement le français en le lisant.

Depuis quelques temps, je réfléchis à comment y remédier sur le libertaire bisontin. J’ai fini par me décider à proposer une version audio de mes articles.

Ce changement concerne les articles publiés dès à présent. Dans un premier temps, tous n’auront pas forcément une version audio, car il faut encore que je discute de tout ça avec l’équipe de la plateforme antifa-net, la place n’étant pas illimitée.

Au début d’un article concerné, vous trouverez un lecteur audio avec le contenu de l’article. Cliquez sur «Play» et le tour est joué.

En conclusion, les intérêts d’une version audio:

  • accès aux personnes malvoyant-e-s
  • accès aux personnes ne sachant pas lire / ayant des difficultés
  • accès aux personnes apprenant le français
  • accès aux personnes occupées à autre chose (ménage, conduite…)
  • autres…

Poésie: Fauve – De ceux

Une nouvelle poésie en musique avec «Fauve – De ceux» :

Nous sommes de ceux qu’on ne remarque pas
Des fantômes, des transparents, des moyens
Nous sommes de ceux qui n’rentrent pas en ligne de compte
Nous sommes de ceux qu’on choisi par défaut
Nous sommes de ceux qui ont la peau terne, les traits tirés
Et le regard éteint, des visages pales, des teints gris
Nous sommes de ceux qui s’délavent de jour en jour
Nous sommes de ceux qui ont du mal à s’entendre penser
Nous sommes de ceux qui se maîtrisent difficilement
Nous sommes de ceux qui mettent mal à l’aise en public
Nous sommes de ceux qui dérapent dans les escaliers des bibliothèques
Nous sommes de ceux qui dansent de façon embarrassante

Nous sommes de ceux qui font l’amour en deux temps
Nous sommes de ceux qui s’y prennent à l’envers avec les autres
Nous sommes de ceux sur lesquelles on ne parie jamais
Nous sommes de ceux qui n’savent plus raisonner de façon logique
Nous sommes de ceux qui ont tout fait comme il faut, mais qui n’y arrive pas
Des ratés modernes, des semi-défaites, des victoires sans panache
Nous sommes de ceux qui n’tiennent pas la pression
Nous sommes de ceux qui s’font balayer à répétition
Nous sommes de ceux qui s’font assister, des baltringues, des éclopés, des faibles
Nous sommes de ceux qui prennent des trucs pour tenir le coup
Nous sommes de ceux qui n’savent pas dire non
Qui n’connaissent pas la rébellion, qui n’soutiennent pas les regards
Nous sommes de ceux qui sont tabous

Et pourtant …
Nous sommes de ceux qui n’renoncent pas
Des chiens enragés, des teigneux, des acharnés
Nous sommes de ceux qui comptent bien d’venir capable de tout encaisser
Nous sommes de ceux qui établissent des stratégies dans l’obscurité
Pour reprendre la main, jouer selon leur propres règles et forcer le destin
Nous sommes de ceux qui en ont assez de leur propre férocité
Des requins-tigre en bout de course, des voyous qui demandent pardon
Des apprentis repentis
Nous sommes de ceux qui veulent à tout prix tabasser leur part d’ombre
Et faire taire leur sales travers
Nous sommes de ceux qui cherchent à rejoindre les rangs
Des lions, des maquisards, des résistants, des sentiments
Nous sommes de ceux qui roulent pour eux, et pour leur périmètre
Nous sommes de ceux qui pissent encore dans la douche
Mais qui espèrent réussir un jour à pisser droit

Nous sommes de ceux qui cherchent à désarmer la mort
A coups de grenade lacrymo pour l’effrayer et la maintenir à distance
Nous sommes de ceux qui espèrent croiser la vie
Un soir au détour d’une avenue pour la séduire, la ramener
Et lui faire l’amour de façon brûlante
Nous sommes de ceux qui ont les yeux écarquillés en continu
Des ahuris, des ébahis
Qui guettent les comètes, les planètes et les épiphanies
Nous sommes de ceux qui cherchent à déterrer ce qui est enfouit
Tout ce qui est caché, et qui demande qu’à être sorti
Nous sommes de ceux qui veulent rétablir le contact avec ceux qui sont partis trop tôt
Parce qu’ils savaient pas qu’il y avait une fin cachée
Nous sommes de ceux qui continueront à courir
Comme s’ils étaient poursuivis par des balles
Qui desserreront jamais les mâchoires sauf pour sortir les crocs

*Murmures*

Poésie: Têtes raides

Je vous laisse découvrir ou re-découvrir:

«Têtes Raides- Notre besoin de consolation est impossible à rassasier»

Poésie de Stig Dagerman (un camarade aujourd’hui envolé):