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Besancon: Rencontre avec Gaetano Manfredonia – vendredi 12 Décembre 2014

Histoire-mondiale-de-l'anarchie

Histoire mondiale de l’anarchie – Gaetano Manfredonia

[Reçu par mail. Vous pouvez vous aussi envoyer vos communiqués et informations à l’adresse suivante: [email protected]]

Gaetano Manfredonia fait une tournée de conférences-débats pour parler de son livre Histoire mondiale de l’anarchie, superbement illustrée.

Il sera à :

  • St Imier (Suisse) – jeudi 11 Décembre à L’Espace noir

 

  • Besançon – vendredi 12 Décembre à la librairie L’Autodidacte

 

  •  Port sur Saône (70)- samedi 13 Décembre à la Cité du Bon Secours, Rue de l’Eglise 

 

n’hésitez pas à inviter vos amis et connaissances !

 

Tours: Grève du zèle à l’hopital de Bretonneau

brancardiers-en-grèveLe mouvement de grève des brancardiers de l’hôpital Bretonneau, lancé le 27 novembre, se poursuit. Les agents dénoncent notamment le manque de personnel et l’intensification du travail.

Un rendez-vous avec la directrice générale du CHU est prévue vendredi 5 décembre à 13 heures. En attendant, des courriers ont été envoyés au maire de Tours et à l’Agence Régionale de Santé (ARS), afin qu’ils interviennent en faveur d’un renfort de l’équipe de brancardiers. Pour l’instant, les grévistes n’ont obtenu aucune avancée. La poursuite du mouvement dépendra de l’issue de la réunion avec la direction.

Quasiment tous les brancardiers de l’hôpital sont en grève, mais le travail se poursuit. En effet, l’ensemble de l’équipe a été assignée par la direction de l’hôpital – l’assignation est une restriction du droit de grève qui a pour but d’assurer la continuité du service public. Les agents ont quand même décidé de s’en tenir à une stricte application des règles, pour faire les lits ou assurer le transport des patients : ils ne font pas les lits seuls, mais à deux ; ils assurent trois transports par heure, contre cinq, six ou sept habituellement. Si aucune des revendications des grévistes n’était satisfaite, le mouvement pourrait s’orienter vers un ralentissement complet du brancardage.

Source: http://larotative.info

Besancon: CR de la manifestation contre les violences policières

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Image de la manifestation de samedi 22 novembre. Image: Syndicat-AMEB.

Après une prise de parole place du Huit septembre, le cortège s’est mis en marche dans le centre-ville, derrière une large banderole « Qui nous protège de la police? ».

De nombreux slogans sont scandés, en hommage à Rémi Fraisse « Rémi, on n’oublie pas, on n’pardonne pas! », contre les institutions qui organisent la répression des mouvements sociaux « A bas l’armée, les flics et les RG! », « La police mutile, la police assassine! », « Police assassine, justice complice! » mais aussi faisant le lien entre la répression et les luttes contres l’austérité, notamment dans les universités « De l’argent pour les facs et les lycées, pas pour les flics et l’armée! ».

Des arrêts sont marqués devant la préfecture et le siège local du Parti Socialiste, symboles du pouvoir répressif en place, puis la manifestation se termine devant le commissariat central de la ville.

Plusieurs actions symboliques sont alors menées pour dénoncer les violences policières et l’impunité dont elles bénéficient : sol et façades aspergés de faux sang, dépôt de bougies, incendie d’un mannequin en uniforme et lecture de l’appel de l’assemblée populaire du plateau des Millevaches à bloquer les commissariats, gendarmeries et casernes.

Au moment de la dispersion et profitant du départ des manifestant-e-s, des flics de la BAC ont interpellé un jeune qui aurait jeté un caillou sur le toit du commissariat…

Plusieurs dizaines de personnes sont alors restées postées en solidarité devant le bâtiment pour demander la libération du camarade.

[Hormis cette interpellation, une détermination et une colère intacte, et la volonté de se réapproprier la rue face aux forces de l’ordre, sabreuses de toute contestation sociale et protectrices des intérêts de la bourgeoisie.]

Source: Syndicat AMEB[*]

[*] Sauf le dernier paragraphe que j’ai remanié légèrement, car il laissait entendre une certaine dissociation de la part des manifestant.e.s vis à vis à vis du jeune manifestant interpellé (mineur); soyons clair : Nous autres, sommes solidaires et nous ne nous dissocions JAMAIS les un.e.s des autres ! Surtout dans le cadre d’une manifestation et/ou d’une action individuelle. Si l’on n’est pas d’accord avec ce principe fondamental de l’anarchisme qui est la solidarité dans TOUTES les épreuves avec ses camarades, on peut aller rejoindre le rang des flics car on vaut pas mieux qu’eux dans ce cas !                              Autre chose, la formule: «la manifestation s’est déroulée dans le calme», fait trop média mainstream. On s’en fout en fait qu’elle se soit déroulée dans le calme…

Merci à la vigilance du Chat Noir Émeutier, car je n’avais pas compris le dernier paragraphe de cette manière. Étant très fatigué hier soir, j’ai bricolé un petit truc pas très clair. Je pense avoir clarifier les choses.

MISE À JOUR (JEUDI 27 NOV. 2014) :

Voici un deuxième point de vue, reçu par mail ce matin :

Près de 100 personnes partent en manif à travers le centre-ville, où retentit des slogans comme “Tout le monde déteste la police”, “flics porcs assassins” accompagnées d’un RG à vélo qui nous suit sur les côtés.

Le cortège se dirige en direction de la préf’, puis du local PS. Rien à signaler, mis à part qu’on y trouve bien plus de flics mobilisés (casques et boucliers) qu’au centre-ville, où l’on était noyé dans la masse de passants / consommateurs d’un samedi après-midi.

En arrivant au commissariat central de la gare d’eau, une rangée de bleus casqués protège l’entrée “privée” du parking interne, sur lequel se trouve plusieurs véhicules personnels de flics et d’autres sérigraphiés “police”.

Mais le cortège poursuit sa route jusqu’à l’entrée “publique” de ce lieu d’oppression.

Très vite, du liquide de couleur rouge est jeté sur les murs et le sol du comico; les bleus s’énervent et rappliquent pour protéger l’entrée.

Un mannequin de flic est incendié et crâment pendant plusieurs minutes sous le regard des keufs.

La BAC profite de la situation de dispersion confuse pour interpeller un manifestant accusé d’avoir lancé une pierre sur les policiers (dont malheureusement aucun n’a été touché).

Etant mineur, il est ressorti en fin de journée avec une convocation devant un juge pour enfants. A suivre.

également envoyé et publié sur le chatnoiremeutier: http://lechatnoiremeutier.noblogs.org/post/2014/11/23/partout-manifs-sauvages-du-22-novembre-contre-la-police/

Devant le commissariat de la Gare D'Eau...

Devant le commissariat de la Gare D’Eau…

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Communiqué de soutien au Jura libertaire – Soyons hostiles à la police

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Image d’illustration

communiqué remis en main propre par un membre du groupe informel bisontin: «El mano de la muerte»…

 » Nous tenons à affirmer notre plus grand soutien à nos camarades du Jura libertaire qui vont comparaître devant les  forces répressives _Habituels du pouvoir.

Ils n’ont fait que dénoncer les crimes commis par les affidés bouffons et autres relais de l’état nous ne compterons pas nos drapeaux ni nos pas, nous marchons vers la destruction TOTALE de la police nationale.

Nous sommes prêts; nous sommes anarchistes. N’attendez rien de nous, nous n’attendons rien de vous. Nous connaissons votre visage vous ne connaissez pas le nôtre.

Nous sommes masqués, nous serons la terreur, prenez peur! Les geôles, les cages, jamais, ne mutileront notre parole vive, rafraîchissante, qui est celle de notre liberté.

MORT AUX VACHES! MORT AUX LOIS! VIVE L’ANARCHIE!

À BIENTÔT CONNARDS!!!!!!! « 

Source: M.D.L.M (Groupe «Main de la mort»)

Bordeaux: Appel à mobilisation le 22 novembre dans le cadre de la journée contre les répressions policières

Appel de Bordeaux

Appel de Bordeaux

Les luttes à Notre-Dame-des-Landes, au Testet et partout ailleurs, ont poussé l’état dans ses retranchements.

Une fois encore, il a commis l’irréparable. Il a tué.

Depuis, partout en France, des mouvements ne cessent de prendre de l’ampleur: lycées et facs bloqués, occupations de gendarmerie, blocage de flux, manifestations… Lire la suite

Sur la légitimité de la violence révolutionnaire

« S’il y a des conflits armés entre les pouvoirs réactionnaires et les masses en révolte, les tenants de l’action révolutionnaire non-violente sont toujours du côté des révoltés, même quand ceux-ci ont recours à la violence.«   –  Barthélemy De Ligt (« The Conquest of Violence » / Pour vaincre la violence)

« L’anarchisme, parce qu’il affirme l’indépendance et l’autonomie absolues des forces émancipatrices, récuse toute hiérarchisation des luttes et des forces révolutionnaires, affirme leur libre association et la libre détermination de leurs raisons de lutter. » – Daniel Colson, Petit lexique…

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Reprenons les rues, et aussi le débat !

Face aux mobilisations qui ont eu lieu cette semaine dans toute la france après la mort d’un manifestant dans le Tarn, le pouvoir a décidé d’attaquer sur le terrain de la répression et de la communication. Les journaux titrent sans exception sur « la violence » dans les manifestations. À les écouter, une bande de vilain-es casseur-euses mettent les villes à feu et à sang. Comme à Clichy en 2005, Villiers-le-bel en 2007 ou encore Ferguson cette année (pour ne citer que quelques exemples), l’État et les médias choisissent les termes du débat.

Les organisations et partis politiques de « gauche »1 n’y voient que du feu, et, plutôt que de dénoncer les violences d’un système qui écrase, exploite, humilie, mutile, assassine partout dans le monde chaque jour, préfèrent pleurer sur les quelques vitrines tombées sous les coups d’une colère plus que légitime ! Finalement, ces organisations qui se targuent d’être citoyennes (elles en ont bien de la chance, n’est pas citoyen-ne qui veut…), ne sont rien de plus que des courroies de transmissions du pouvoir.

 

Beaucoup de ces auto-proclamé-es « représentant-es de la société civile » ont exprimé leur crainte que les bris de vitrines n’occultent la question du meurtre de Rémi par la police et ne montre qu’une image négative des mouvements en cours (contre les violences policières, contre les grands projets inutiles, etc.). Ce sont elles et eux, qui, en axant leur communication sur la condamnation des « violences » biaisent le débat.

 

Il-les veulent condamner la violence ? Qu’il-les condamne alors la violence que beaucoup d’entre nous subissons dans ce monde. Les entendre pleurnicher sur quelques vitrines alors que quelqu’un a été assassiné par la police qui n’a pas d’autre rôle que de protéger les intérêts d’un système qui laisse crever de faim des milliers de personnes dans le monde chaque jour est plus qu’indécent !

Ont-illes condamné la violence de l’État quand Djamal s’est donné la mort devant Pôle Emploi l’an dernier ?

Ont-illes condamné la violence de la police aux frontière quand Abdelhak est mort cet été lors son transfert vers l’aéroport de Roissy pour l’expulser ?

Ont-illes condamné la violence de la police qui a tué Zyed et Bouna en 2005 ?

Ont-illes condamné la violence de ces policièr-es qui ont tué Serge, une personne autiste, qu’illes venaient l’interpeller car il secouait le portail de sa voisine en 2011 ?

Condamnent-illes la violence d’un système pénitentiaire qui pousse 1 personne tous les 3 jours à se suicider dans les prisons françaises, qui laisse des personnes mourir en prison faute d’accès aux soins médicaux ?

La violence d’un système scolaire qui humilie et exclue les pauvres et les précaires ?

La violence de la prise en charge psychiatrique qui enferme, cachetonne, fiche et contraint les personnes psychiatrisées ?

La liste est incomplète et serait encore bien longue… Les violences du capitalisme sont le lot de bon nombre d’entre nous.

 

Ces organisations et partis pensent qu’en appelant pas à manifester il-les choisissent le camp des personnes responsables et respectables.

En se désolidarisant aujourd’hui de celles et ceux qui tentent de construire une mobilisation contre les violences d’État il-les font preuve d’une irresponsabilité totale et acceptent d’être dans le camp des celles et ceux qui ont du sang sur les mains.

1.Celles de droite ne sont pas en reste, mais ça tout le monde le savait déjà.

Source: https://nantes.indymedia.org/articles/30403

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Je tiens à apporter mon point de vue. Personnellement, la plupart de mes actions ont été non-violentes en 7 ans de militantisme à Besançon. Je suis quelqu’un de très ouvert, qui privilégie toujours le dialogue, dans la mesure ou celui-ci est possible. Seulement, je ne suis pas dupe…

Par exemple, prenons l’État et le capitalisme, qui, pour moi, sont des maux qui font souffrir atrocement l’humanité. Imaginons qu’avec une poignée d’individus (ou avec la masse) on dise, STOP!

Que l’on décide de se battre contre cette machine folle qui nous court après, en broyant nos vies au passage, déchirant nos rêves, nous enfermant dans une réalité dont la seule voie est la fatalité…

Quelle sera la réaction d’un système aussi profondément inhumain, aussi profondément mortifère, aussi profondément sournois, aussi profondément pervers, aussi profondément dégueulasse que le capitalisme ??????????!!

J’ai pas besoin de faire de dessin…

La non-violence, pour certain.e.s, ça fait des décennies qu’on essaye dans cette voie et on a presque tout perdu! Regardez les grands dirigeants syndicaux, qui se gavent à la même table que nos ennemis héréditaires. Regardez lors du conflit des retraites, lorsque les routiers ont bloqué les raffineries, que nous étions 3,5 millions à manifester dans toute la France le 19 octobre 2010, que la grève coûtait entre 200 et 400 millions d’euros par jour au patronnat… La CGT a lâché les cheminots entraînant la fin du mouvement. Je n’oublierai JAMAIS cette trahison.

Qu’est-ce qu’a fait le système? Il a utilisé la force !  Il l’a toujours utilisé dans le passé comme il l’utilise encore dans le présent. Il nous l’a encore [tragiquement] prouvé récemment à Sivens…

Un état qui assassine sa jeunesse (Rémy Fraisse, Zyed, Bouna… et tant d’autres) est un état voué à sa perte prochaine !  On ne peut pas se concilier avec un système comme ça, nos intérêts à nous les petites gens, ne sont pas les leurs à eux les nantis ! Ces salauds de riches qui nagent dans le fric qu’ils nous ont volé !

Alors, bien sûr, en tant qu’anarchiste et même simplement en tant qu’être humain, je ne pense pas à courir le couteau entre les dents, tuant tout les bourgeois sur mon chemin, égorgeant leurs enfants, sanguinaire et assoiffé de violence… JE DÉTESTES LA VIOLENCE PROFONDÉMENT !!

La violence, je suis très bien placé pour en parler. Je l’ai connu depuis ma plus « tendre » enfance et ce jusqu’à présent.  La malveillance des «adultes», la violence des institutions, la violence scolaire, la violence raciste, la violence religieuse, la violence étatico-policière, la violence sociale, la violence administrative…

C’est certes paradoxale, en tant qu’anarchiste je suis pour la construction d’une société non-violente, mais étant enfermé à l’intérieur d’un système dont les bordures sont la coercition, le seul moyen pour moi de passer cet obstacle, c’est (hélas) d’utiliser la violence.

La fin c’est la non-violence, la clef c’est l’anarchie, le moyen c’est la violence comme la non-violence.

Par contre, je conçois très bien que pour des personnes, l’utilisation de la violence (entendons nous bien, de la juste force nécessaire pour écarter notre obstacle) soit impossible. Je ne suis pas contre des initiatives non-violentes non plus, il se peut très bien que je m’y inscrivent si elles sont pertinentes.

Mais si je dois me défendre, je n’hésiterai pas à utiliser la violence.

Je suis pour que chacun.e se respecte dans son mode d’action, car nous aurons besoin de tout le monde.

Je pense aussi que sur cette question, aucun des deux n’a totalement raison ni totalement tort.

À nous donc de dépasser cette question et d’apprendre à accepter l’autre.

PS = Politique Sécuritaire

 Par sa réforme du renseignement territorial, le ministre de l’Intérieur entend mettre l’accent sur les « mouvements protestataires et revendicatifs ».

logo-DCRI

Manuel Valls a récemment fixé aux forces de l’ordre leur feuille de route dans le renseignement dit de proximité, qui concerne notamment la surveillance des « mouvements protestataires et revendicatifs« . Dans une circulaire aux responsables de la police et de la gendarmerie en date du 21 mars, citée dans Le Figaro vendredi, le ministre de l’Intérieur trace ce que doit être la réforme du renseignement territorial. Cette réforme, annoncée en juin 2013 par le ministre, crée à la place de la Sous-Direction générale de l’information (SDIG, ex-Renseignements généraux, les RG) le Service central du renseignement territorial (SCRT) « seul chargé de centraliser et transmettre sous forme de notes aux autorités gouvernementales et administratives l’ensemble des renseignements » recueillis sur le terrain.

Ceux-ci, selon cette circulaire, « concernent tous les domaines de la vie traditionnelle, économique et sociale susceptibles d’entraîner des mouvements revendicatifs ou protestataires« . Ainsi des « phénomènes violents » dans les « quartiers sensibles » et « l’économie souterraine ». Mais également les « faits de société » remettant « en cause les valeurs républicaines », tels les « dérives sectaires » ou la « contestation politique violente », les mouvements de l’ultra gauche et ultra droite, selon ce qu’a précisé à plusieurs reprises Manuel Valls en évoquant cette réforme. Cela « induit » notamment, écrit le ministre, « des méthodes de recherche opérationnelle » et le « développement du cyber-renseignement ».

Source: http://cettesemaine.free.fr via AFP

 

La France de 2014 fait encore payer un impôt colonial à 14 pays africains !

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Foccart et Houphouet-Boigny, les pères fondateurs de la françafrique.

Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Lorsque Sékou Touré de Guinée décida en 1958 de sortir de l’empire colonial français, et opta alors pour l’indépendance du pays, l’élite coloniale française à Paris était s’est indignée, et dans un acte de fureur historique, demanda à son administration alors en place en Guinée de détruire, dans tout le pays, ce qui représentait, à leur yeux, les avantages de la colonisation française.

Trois mille Français quittèrent le pays, en prenant tous leurs biens et détruisant tout ce qui ne pouvait être déplacé: les écoles, les crèches, les bâtiments de l’administration publique furent détruits, les voitures, les livres, les médicaments, les instruments de l’institut de recherche, les tracteurs ont été écrasés et sabotés; les chevaux, les vaches dans les fermes ont été tués, et les nourritures entreposées furent brûlées ou empoisonnée.

Le but de cet acte scandaleux était bien évidemment, d’envoyer un message clair à tous les autres colonies sur les conséquences du rejet de la France… Lire la suite

Histoire: Fin septembre 1913 – Congrès international des syndicalistes révolutionnaires

En septembre 1913, les syndicalistes révolutionnaires de plusieurs pays décident d’organiser à Londres un congrès international pour se coordonner et sortir de l’impasse réformiste.

Congress_london_1913(Congrès international des syndicalistes révolutionnaires-Londres)

Nos origines

Il y a un siècle, le congrès international syndicaliste révolutionnaire de Londres (1913)

Contexte

A la fin des années 1900, le mouvement syndicaliste révolutionnaire d’Europe connaît un développement notable. Constatant la mainmise des partis socialistes sur les centrales ouvrières et leur tendance à la bureaucratisation, les révolutionnaires se séparent pour former leurs propres organisations syndicales. Ils rompent ainsi le dogme de l’unité organique de la classe ouvrière, puisqu’elle est désormais un frein à l’action des travailleurs.

Cette évolution se fait sentir en Espagne (création de Solidaridad Obrera en 1907 puis de la Confederación Nacional del Trabajo – CNT – en 1910, issues des sections de la première Internationale et marquées par l’anarchisme), en Italie (fondation de l’Unione sindacale italiana – USI – suite à l’exclusion des révolutionnaires de la Confederazione generale del lavoro en 1912), aux Pays Bas (le National ArbeitSecretariat – NAS – se sépare du parti social-démocrate en 1896), en Allemagne (création de la Freie Vereinigung deutscher Gewerkschaften – FVdG, Association libre des syndicats allemands – entre 1897 et 1901, qui prend une orientation plus nettement révolutionnaire en 1908) en Belgique (fondation en 1910 de l’Union des syndicats de la province de Liège, puis en 1913 de la Confédération syndicale de Belgique), en Grande Bretagne (Industrial syndicalist education league – ISEL -créée en 19101), en Suède (naissance de la Sveridge arbetares centralorganisation – SAC, Organisation centrale des travailleurs suédois – en 1910), aux Etats Unis et au Canada (apparition des Industrial workers of the world – IWW – en 19052). En Amérique latine c’est l’anarchisme ouvrier qui se développe, sur le modèle des Federaamérique latineciones obreras regionales argentine et urugayenne (FORA et FORU), imité dans la plupart des pays du continent. Des mouvements syndicalistes révolutionnaires apparaissent également en Autriche-Hongrie, en Suisse, dans les Balkans, etc. La principale exception à cette évolution générale est la France, où la tendance révolutionnaire de la Confédération Générale du Travail (CGT) perd du terrain face aux réformistes.

Durant ces années d’avant-guerre, dans toute l’Europe les grèves se multiplient, et l’agitation révolutionnaire s’accroît. Le syndicalisme révolutionnaire a toujours été imprégné d’internationalisme, sa référence historique constante demeure la première Internationale, et plus particulièrement son aile fédéraliste et anti-autoritaire, proudhonienne mais surtout bakouniniste, qui privilégiait l’action directe économique, y compris la grève générale, à l’action politique parlementaire.

freedom_militarism(Couverture d’un journal libertaire anglophone-1913)

La rupture avec la seconde Internationale (social-démocrate) est complète, mais l’attitude vis-a-vis de l’International secretariat of national trade union centers (ISNTUC, qui changera de nom en 1913 pour devenir la Fédération syndicale internationale) est plus mitigée. L’ISNTUC regroupait depuis 1901 plusieurs centrales syndicales nationales, dont la CGT française, la plupart étant modérées et proches des partis sociaux-démocrates. Elle agrège en 1905 deux millions de syndiques, et sept millions en 1913, avec 19 sections nationales. Une seule section par pays étant acceptée, les syndicalistes révolutionnaires minoritaires ne peuvent pas y être représentés, les seuls y ayant participé sont la CGT et le NAS qui, lui, s’en retire rapidement. En 1907, l’INSTUC déclare son plein soutien à la seconde Internationale. L’hostilité des syndicalistes révolutionnaires envers l’ISNTUC est réelle, mais cette organisation est néanmoins considérée comme une association strictement ouvrière, contrairement aux partis politiques. De par l’impossibilité d’y participer pour la plupart d’entre eux, les syndicats révolutionnaires ressentent un fort isolement, entretenu par le mouvement réformiste. La CGT française, organisation importante historiquement et numériquement, est même accusée par le NAS hollandais d’y contribuer en maintenant sa participation à l’INSTUC.

En 1913, les syndicalistes révolutionnaires de divers pays décident donc de renforcer leur tendance en lui impulsant une dynamique internationale par l’organisation d’un congrès, proposé dès 1911 par des militants allemands, états-uniens, italiens et néerlandais.

Appels, préparatifs et débats préalables

Simultanément deux appels similaires sont publiés par l’ISEL britannique et le NAS hollandais en février 1913. Les deux textes souhaitent voir se créer une structure internationale pour rendre effective la solidarité entre les travailleurs de différents pays, soulignant que seul un congrès des organisations révolutionnaires et dirigées par leur base peut l’engendrer. Ils affirment aussi que les organisations déjà existantes sont incompatibles avec leurs buts et intérêts, particulièrement les principes d’action directe et d’émancipation, et qu’il est vain de chercher a s’organiser au sein de l’ISNTUC ou de vouloir la changer de l’intérieur.

Des réponses enthousiastes ne tardent pas a arriver des organisations allemande, autrichienne, danoise, espagnole, états-unienne, italienne, suédoise. Le projet de création d’une internationale est en revanche accueilli diversement : très tôt la FVdG allemande se déclare favorable, et l’USI italienne opposée, d’autres organisations approuvent le congrès mais persistent à vouloir s’organiser a l’intérieur de l’ISNTUC.

En France, l’annonce de ce congrès est moins bien accueillie. Pierre Monatte, le premier, fait paraître une opinion hostile dans la presse syndicaliste, et un large débat s’engage au sein de la confédération a propos de la nature de l’ISNTUC, de la possibilité de le révolutionner de l’intérieur, de l’isolement des révolutionnaires hors de France, du caractère révolutionnaire de la CGT, du congrès international et surtout d’une éventuelle nouvelle internationale. La situation de la CGT est délicate : les tendances modérées se renforcent et l’organisation perd des adhérents depuis 1911, particulièrement ses fédérations révolutionnaires, elles-mêmes divisées sur la stratégie a suivre3.

Dans les autres pays, où l’unité syndicale ne profite qu’aux tenants du réformisme et du parlementarisme, l’ambition d’influencer l’ISNTUC ou les centrales nationales de l’intérieur semble de plus en plus irréaliste. Le fait est établi que les minorités révolutionnaires sont systématiquement censurées, voire exclues, lorsqu’elles cherchent a propager leurs principes et leurs pratiques. Tous, hors de France, critiquent la position de la CGT, parfois en des termes assez durs, ou tentent d’inciter ses membres à soutenir la participation au congrès, sans pour autant parvenir a les convaincre.

Initialement prévu en mai, le congrès est repoussé pour laisser le temps aux syndicats de le préparer à la base, et se tient finalement du 27 septembre au 2 octobre 1907 au Holborn Hall de Londres. Les frais d’organisation sont principalement assumés par le NAS. On peut considérer que le principal artisan de cette rencontre est le militant néerlandais Christian Cornelissen.

Le congrès

Les délègues venus représentent toutes sortes de structures syndicales : locales, régionales, nationales, professionnelles, ainsi que des groupes de propagande, provenant de douze pays. La FVdG, le NAS, la SAC (mandatée également par les minorités révolutionnaires du Danemark et de Norvège), l’Union des syndicats de la province de Liège et l’USI sont représentés ; l’Espagne a envoyé des délègues de l’organisation catalane Solidaridad obrera ainsi que d’une quinzaine de syndicats de la Corogne et de Minorque. De France sont venus des mandatés des syndicats de Paris et du Nord (chapellerie, construction, textile) et Alfred Rosmer en tant qu’observateur pour le compte de la Vie ouvrière. Pour la Grande-Bretagne il y a, outre l’ISEL, des délégués de cinq syndicats locaux et de deux Trade councils (unions locales de syndicats, équivalent des Bourses du travail), et l’Anglais Bowman représente la Fédération ouvrière régionale brésilienne. Le syndicat des employés de cafés de La Havane (Cuba), ainsi que deux organisations argentines rivales, la FORA et la CORA4, ont envoyé des mandats écrits. L’Association des syndicats libres autrichiens et le Groupe syndicaliste révolutionnaire polonais n’ont pas pu envoyer de mandatés. Un membre des IWW états-uniens et l’anarcho-syndicaliste russe Alexandre Schapiro assistent au congrès sans être mandatés. En tout, trente sept délégués représentent soixante organisations, comptant environ 220 000 membres.

L’ordre du jour est très long, et n’a pas pu être traité intégralement par toutes les organisations. Des divergences laissent déjà présager que la recherche de consensus sera laborieuse. Deux résolutions protestant contre la répression à laquelle font face les syndicalistes et grévistes en Irlande et au Portugal sont adoptées, puis l’on passe à la lecture des rapports nationaux, qui occupe plus de deux jours. Vient ensuite l’élaboration d’une déclaration de principes, sorte de plate-forme théorique et tactique commune. Le débat s’engage alors sur la question de l’Etat, et l’on peut en retenir plusieurs remarques, intéressantes quant au processus d’émergence du courant spécifiquement anarcho-syndicaliste. Premièrement, l’idée selon laquelle si le parlementarisme est une tactique a proscrire, en revanche l’action – évidemment directe – politique peut porter ses fruits, doit être développée, et qu’elle est déjà largement mise en pratique, ne serait-ce que dans le cadre de l’anti-militarisme. Deuxièmement, la notion de « système capitaliste », proposée par l’Italien De Ambris pour qualifier la structure de domination économique et politique de la société, idée critiquée au motif qu’elle atténuerait le caractère anti-étatique du mouvement. La déclaration finalement adoptée – à l’unanimité – consacre d’une part le rejet de toute forme d’Etat, et d’autre part affirme que la lutte syndicaliste est strictement économique. Elle se termine par une invitation au prolétariat mondial à « s’organiser dans des syndicats industriels autonomes ».

Le congrès passe ensuite à la question principale, celle qui a dominé les débats préalables : l’organisation internationale. Deux propositions sont sur la table : Celle de la FVdG allemande, de créer une véritable internationale, dont le NAS hollandais se déclare prêt a assumer le secrétariat, et celle de l’USI italienne, voulant seulement « définir une relation permanente ». Le débat porte longuement sur le risque de scissions que pourrait engendrer une internationale distincte de l’ISNTUC dans les pays ou le schisme ne s’est pas encore produit, particulièrement en France. Il apparaît de plus en plus clairement que cette perspective s’impose, selon leur situation nationale, aux uns (CNT, FORA, FVdG, NAS, SAC) comme une urgente nécessité, et aux autres (USI, CGT) comme une dangereuse menace, tandis que d’autres encore hésitent ou ne sont pas mandatés pour prendre cette décision. De Ambris soutient que créer une internationale serait ambitieux et prématuré, qu’en l’état actuel il vaut mieux un bureau et un bulletin d’information auxquels les syndicalistes unitaires puissent souscrire et participer sans risque d’exclusion, et reporter la question de l’Internationale à un prochain congrès. C’est autour de cette proposition que se forme un consensus. La localisation de ce bureau cause à son tour une divergence : les partisans de l’Internationale souhaitent le voir à Amsterdam, tandis que les opposants préféreraient l’établir a Paris, « entre des mains plus modérées ».

Le congrès décide finalement de constituer un Bureau international d’information syndicaliste révolutionnaire chargé de centraliser les correspondances, d’encourager la solidarité, d’organiser un prochain congrès, d’éditer un bulletin international et de rémunérer un correspondant par pays, nommé par l’organisation adhérente. Son siège est fixé a Amsterdam, sous la responsabilité du NAS. Faute de temps, les autres points de l’ordre du jour (anti-militarisme, internationale « jaune », émigration, langue internationale, morale et religion) ne peuvent être traités et sont reportés au congrès suivant, prévu a Amsterdam. L’événement s’achève par un grand meeting public.

Après coup, comme on pouvait s’y attendre, le congrès de Londres sera critiqué et dénigré par plusieurs organisations sociales-démocrates, mais aussi par la CGT française et par le délégué italien De Ambris5, et salué avec enthousiasme par la plupart des autres syndicalistes révolutionnaires. Ils acclament la déclaration de principes et plus encore la création du bureau, certains allant jusqu’à dire que l’Internationale existe déjà. Le Bureau international commence ses travaux au début de l’année 1914 et édite le Bulletin international du mouvement syndicaliste. Le premier numéro paraît en mars, suivi de seize autres, dont le dernier, en juillet, est ironiquement consacré aux Balkans. Mais la publication disparaît en même temps que la paix en Europe.

Rétrospectivement, l’intérêt et la portée historiques de ce congrès sont :

1) la démonstration de l’existence du syndicalisme révolutionnaire comme un mouvement international et non plus comme une série de tentatives d’importer le « modèle français » dans quelques pays;

2) la formulation – via la déclaration de principes – de bases théoriques et tactiques dans des termes plus explicites que ceux de la charte d’Amiens, notamment concernant l’anti-étatisme, mais aussi la possibilité légitime de s’organiser en dehors des syndicats réformistes majoritaires; 

3) la création d’un lien organique permanent entre les organisations du même mouvement, dont une grande partie se retrouvera dans l’Association Internationale des Travailleurs dix ans plus tard. Au vu de cela on peut considérer que les syndicalistes réunis a Londres se rapprochent considérablement de ce que sera l’anarcho-syndicalisme. Le terme commence d’ailleurs a être revendiqué dans cette période, en Espagne et en Russie. La guerre d’abord, puis la révolution russe et son impact international, soulignant toutes deux les contradictions du mouvement syndicaliste révolutionnaire, vont néanmoins retarder la concrétisation du projet internationaliste.

F.G.

Il existe peu de textes en français concernant le congrès de Londres, les informations de cet article sont tirées du mémoire L’Association internationale des travailleurs avant la guerre civile d’Espagne, (François Guinchard, Éditions du Temps Perdu, 2012). On trouvera les positions de la CGT française et le compte-rendu de Rosmer dans le journal la Vie Ouvrière (numéros du 20 février, 5 et 20 septembre, 20 octobre 1913), et d’autres comptes rendus dans Les Temps Nouveaux du 18 octobre 1913 et La Bataille Syndicaliste des 27 et 30 septembre et 1er, 3 et 5 octobre 1913). Pour une analyse plus approfondie on lira en anglais l’article de Wayne Thorpe, « Towards a Syndicalist International : the 1913 London Congress », International review of social history, vol. XXIII, 1978, part 1, pp. 33-78 (mis en ligne sur le site : http://www.pelloutier.net/dossiers/dossiers.php?id_dossier=214).

Déclaration de principes du congrès de Londres en 1913

Le premier congrès international syndicaliste reconnaît que la classe ouvrière de tous les pays souffre de la même répression par l’État et le système capitaliste. Par là il se déclare pour la lutte de classe et la solidarité internationale, pour l’organisation indépendante de la classe ouvrière sur la base d’union fédérative.

II tend à l’élévation immédiate matérielle et morale de la classe ouvrière jusqu’à la destruction finale du capitalisme et de l’État.

Il déclare, ensuite, que la lutte de classes est une conséquence nécessaire de la possession privée des moyens de production et de distribution, et par là il tend à la socialisation de cette possession.

A ceci appartiennent l’élaboration et le développement des organisations syndicalistes, dans ce sens qu’elles sont en état de faire avancer la fabrication et la distribution de produits dans l’intérêt de la société entière.

Constatant que les syndicats internationaux ne pourront faire la lutte de classe avec succès que lorsque les ouvriers cesseront de se diviser sur des différences politiques et religieuses, le congrès déclare que la lutte, comme telle, ne pourra être que d’un caractère économique, exprimant par cela que les organisations ne tâchent pas d’atteindre leur but par des collaborations de gouvernement et leurs assistants, et qu’elles s’appuient seulement, par excellence, sur le pouvoir des organisations et leur action directe.

En conséquence de cette déclaration, le congrès fait appel aux travailleurs de tous les pays pour s’unir en organisations industrielles fédératives indépendante sur la base de la solidarité internationale avec le but de délivrance complète de la répression par l’État et le capitalisme.

Christian Cornelissen

Christian-cornelissen(Christian Cornelissen)

(extraits de la notice biographique du Dictionnaire international des militants anarchistes, http://militants-anarchistes.info)

Instituteur dans une école primaire de la province de Zélande, Christian Cornélissen collabore dès la fin des années 1880 à Recht voor Allen, le périodique officiel de la Sociaal-Democratische Bond, dont il devient en 1891 un des principaux militants aux côtés de Ferdinand Domela Nieuwenhuis. Après l’éclatement de la SDB en 1894 et la formation du parti social-démocrate hollandais (Sociaal-Democratische Arbeiders Partij, SDAP), il s’investit dans la révolutionnaire Socialistenbond. Il assiste en 1891 au Congrès de Bruxelles de la Seconde Internationale, où il participe à l’élaboration d’une motion antimilitariste soutenue par l’extrême-gauche du congrès. En 1893, Cornélissen fut un des fondateurs de la centrale syndicale hollandaise Nationaal-Arbeid-Secretariaat (NAS), fortement influencée par le syndicalisme révolutionnaire français. La même année, il avait fait la connaissance de Fernand Pelloutier au Congrès de Zurich de la Seconde Internationale, au cours duquel il se solidarisa avec les anarchistes expulsés des séances du congrès. La décomposition de la Socialistenbond face à la montée en puissance des sociaux-démocrates ainsi que ses rapports de plus en plus tendus avec Domela Nieuwenhuis poussa Cornélissen à s’établir à Paris au printemps 1898.

En France, Cornélissen reprit contact avec les principaux militants anarchistes et syndicalistes qu’il avait rencontré dans les congrès internationaux. Il participa aux activités du groupe anarchiste des ESRI (Etudiants socialistes révolutionnaires internationalistes), notamment lors de la préparation du congrès international antiparlementaire qui devait se tenir à Paris en 1900, mais qui fut interdit (les communications prévues furent cependant publiées par Les Temps nouveaux). Très discret dans ces activités organisationnelles par crainte de l’expulsion, Cornélissen fit preuve d’une activité journalistique importante. Sa connaissance de l’anglais et de l’allemand en plus du français et du néerlandais le firent utiliser par la CGT pour servir d’interprète à de nombreuses reprises. Il collabora au Libertaire et aux Temps Nouveaux ainsi qu’à la Voix du peuple et tint la rubrique internationale de la Bataille syndicaliste (il signait souvent ses articles sous le pseudonyme de Rupert, en référence au nom de sa femme Lilian Rupertus). Selon la police il était membre en 1910 de la Fédération Communiste Révolutionnaire et de l’organisation de Combat (groupe d’autodéfense).

De par ses liaisons avec le mouvement libertaire hollandais, Cornélissen fut une des chevilles ouvrières de la préparation du congrès anarchiste international qui eut lieu en 1907 à Amsterdam. A cette occasion, il organisa une rencontre entre syndicalistes libertaires afin de les persuader de systématiser les liaisons internationales entre les mouvements se réclamant de cette tendance. A l’issue de ce congrès, il édita et rédigea pratiquement seul un Bulletin international du mouvement syndicaliste (1907-1914) qui reste une mine d’information sur cette mouvance internationale. Il joua également un rôle central dans la préparation du congrès syndicaliste révolutionnaire international de Londres de 1913. C’est à cette occasion qu’il s’opposa à Monatte et à l’équipe de la Vie ouvrière, qui refusaient d’envisager la constitution d’une Internationale syndicaliste révolutionnaire.

En 1914, Cornélissen s’engagea avec passion dans le soutien à l’Union sacrée, développant dans plusieurs brochures des arguments anti-allemands qui l’isolèrent des milieux libertaires. Après la guerre, bien que fidèle jusqu’à la fin de sa vie à ses convictions syndicalistes révolutionnaires, il s’investit plus particulièrement dans son activité scientifique.

Cornélissen s’intéressa très tôt aux questions économiques. Il lut dès la fin des année 1880 les œuvres de Marx, d’Engels et des grands théoriciens socialistes mais également les économistes classiques. En 1891, il prépara la première traduction hollandaise du Manifeste communiste. Désireux de réfuter la théorie de la valeur des économistes classiques mais également de Marx, il en vint à élaborer une théorie inductive du salaire qui lui valut une renommée internationale. Ces recherches aboutirent en 1903 à la publication de sa Théorie de la valeur, qui fut poursuivie par l’élaboration de son Traité général de science économique dont l’édition s’étala jusqu’en 1944. Cornelissen est décédé à Domme (France) en 1942.

1L’ISEL cherchait a conquérir les syndicats réformistes de l’intérieur, elle y parvient dans le secteur des mines et des chemins de fer.

2Des sections des IWW apparaîtront par la suite en Australie (1907), en Afrique du Sud (1910), en Grande-Bretagne (1913), en Russie (1917) et au Chili (1919), mais aussi au Mexique, en Suède et dans d’autres pays.

3En effet, une partie des révolutionnaires (dont Monatte, A. Merrheim, A. Rosmer, G. Dumoulin), autour du journal La Vie ouvrière, se rapproche dans la pratique des réformistes (défense de la centralisation, atténuation des discours et pratiques révolutionnaires), au motif d’adaptation aux évolutions du capitalisme, favorisant l’évolution de la CGT qui aboutira à « l’union sacrée ».

4La Confederación obrera regional argentina est une organisation concurrente de la FORA, créée en 1909 par des socialistes, influencés notamment par Georges Sorel. Le nom a été volontairement été choisi pour créer une confusion au sein du mouvement ouvrier argentin. La CORA se dissout dans la FORA en 1915 mais provoque immédiatement une scission. La branche « syndicaliste révolutionnaire » prendra plus tard le nom d’Unión sindical argentina, et évoluera vers le réformisme pour finalement s’intégrer au régime péroniste dans les années 1940. Cf. Hélène Finet, Le débat «Anarchie ou syndicalisme» à la lumière de la réalité argentine : la F.O.R.A face aux tentatives d’ union syndicale du mouvement ouvrier (1901-1915), Orthez, Editions du temps perdu, 2007.

5Qui un mois plus tard sera élu député, un an plus tard il votera en faveur de la guerre, et après celle-ci il se rapprochera du fascisme pour finalement rejoindre Gabriele D’Annunzio dans son coup d’Etat a Fiume, dont il redigera la constitution. Un autre délégué italien au congrès de Londres, Edmondo Rossoni, qui en 1914 participe à la scission de l’USI fomentée par De Ambris, deviendra dirigeant du syndicat unique du régime fasciste, de sa création à 1929.

Article réalisé en collaboration avec F. Guinchard, auteur du mémoire « L’association internationale des travailleurs avant la guerre d’Espagne (1922-1936)

La rentrée libertaire a commencée à Besançon

Voici le programme de la rentrée libertaire bisontine 2013 :

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